lundi 26 mai 2008

UK TOUR 3 (2/2)

8.30. Dimanche Matin.
J’émerge après une longue nuit de sommeille. Je crois avoir réussi à récupérer du peu de sommeille de la veille, par contre je sens que la dureté des terrains a laissé des traces. Douleurs de la voûte plantaire aux adducteurs, vivement l’échauffement pour retrouver des jambes normales. Match à 12.30, il fait beau, pas de vent.
On se lève avec Adam, mon « Room Mate » du week-end, difficilement mais sûrement. La motivation est grande, j’ai pas toujours l’occasion de manger des « beans on toast » et saucisses au petit-déjeuner.

10.30. L’estomac plein à craquer. Direction terrains.
Nous avons rendez-vous dans une heure, l’occasion pour moi de voir un peu plus que la vie de mon team et de découvrir un peu le reste de la scène anglaise. Première constatation, c’est impressionnant de voir le nombre d’équipes Open. Deuxième constatation, l’uniformité des équipes provenant souvent des universités. Uniformité de niveau, d’âge, de physique mais aussi de motivation et d’envie. En Suisse, la première ligue regroupe 8 équipes de niveau et constitution assez disparate. Ici les équipes doivent avoir une moyenne d’âge d’environ 25 ans, et regroupe environ une vingtaine de joueurs, uniquement des hommes. L’engagement physique et l’intensité qui est mise au jeu change passablement de la Suisse et fait plaisir à voir. Le niveau technique global est peut-être moins bon, mais les gens se poussent, se motivent et acceptent plus facilement le défi physique. En voyant ce potentiel, cette uniformité, je commence à un peu mieux comprendre le niveau de l’équipe nationale d’Angleterre.

Je me rappels avoir parlé avec un joueur anglais après la demi-finale des Championnats d’Europe. Je lui demandais comment ils avaient joué contre nous. Nous, les suisses, avions joué avec deux ligne, Offence et Defence, et 14 joueurs environ. Sa réponse ? Nous avons joué à 7 joueurs d’Offence et 19 joueurs en Defence. Là où nous devons restreindre le cadre pour pouvoir atteindre un niveau élevé et surtout homogène, l’équipe anglaise peut impliquer tout le monde sans peur. En effet, le niveau technique et physique est égalisé et l’expérience de match intense et physique est présente pour l'ensemble des joueurs... Pas facile de garder leur rythme… notamment pour notre ligne de défense qui avait perdu de son mordant en deuxième mi-temps avec seulement 7 joueurs...

WARM UP and GAME TIME

Demi finale : CLAPHAM – FUSION
Après un échauffement plutôt intense, histoire de remettre la machine en route, nous voici sur le point de jouer contre FUSION. Une des meilleures équipes anglaise, elle regroupe quelques joueurs de l’équipe nationale anglaise et pratique un jeu assez simple, reposant sur le stack, mais utilisant bien l’espace sur les longues. Nous entrons dans la partie de façon très agressive. Le mark est proche, parfois ponctué de fautes. Nous mettons leurs constructeurs sous pression et cela fonctionne plutôt bien. Nous réussissons plusieurs fast breaks devant notre zone de point. Notre Offense ne roule pas encore bien, mais nous réussissons malgré tout à prendre l’avantage à la mi-temps, 8-7.
Le vent se lève et annonce une deuxième mi-temps plus hachée…
Dès le début de la deuxième mi-temps, les turns se suivent. Nous passons un premier break et menons 11-9. Le match n’est pas vraiment beau de par la qualité de jeu, les turns se succèdent. Cependant, les Défenses sont belles, et l’ambiance très intense avec les deux équipes célébrant de façon plutôt « expressive » les points marqués. 14-12 pour Clapham, match à 15. Fusion marque 14-13. Nous n’avons plus qu’à rentrer notre Offense. Sous pression, un drop survient. La ligne d’offense récupère le disque mais ne parvient pas à concrétiser, 14-14. Sudden death, match à 15.
Scénario assez improbable mais assez représentatif de l’homogénéité du niveau, Fire est à 14-14, match à 15 contre Chevron dans la deuxième demi finale.
Nous recevons le disque sous la pression des side-lines, les deux équipes sont fatiguées et les cuts moins clairs. Hand block sur un backhand, Fusion récupère le disc, un swing une longue pour leur principal receveur qui marque entre deux défenseurs de Clapham. 14-15, Game is over.

Défaite en demi finale, Fusion se qualifie pour jouer la finale contre Fire. Finale que Fusion gagnera plus tard. Le match a été beau, suivi par de nombreuses personnes… mais voilà, on a perdu. L’ambiance n’est pas au plus haut et la motivation manquera pour s’imposer dans le dernier match. Clapham finit 4ème du Tour 3.

http://www.ultimatephotos.org (3-4ème place, CU VS CHEVRON, Adam D !)

Étant invité, je dois avouer que la défaite ne m’a certainement pas fait aussi mal qu’aux joueurs du cadre londonien. J’ai apprécié une fois de plus de jouer avec les joueurs de UTI et de pouvoir prendre part à ce très bon niveau européen. Toujours beaucoup de plaisir de jouer avec Clapham.
GB a gagné les deux derniers championnats d’Europe (2003-2007), Clapham gagne la dernière Champions league… en voyant la structure du championnat (matchs longs, matchs qui s’enchaînent et niveau global homogène avec un gros travail fait au niveau universitaire), en voyant l’engagement des grosses et petites équipes… je comprend mieux !
1. Fusion, 2. Fire, 3. Chevron (Gagne le tour dans son ensemble), 4. Clapham (49 équipes)
Petit clip vidéo de la demi entre Fire et Chevron (cela vaut ce que cela vaut... mais c'est toujours bien de voir un peu quelque chose !) : http://www.pushpass.co.uk/clip-of-the-day/index.php

jeudi 22 mai 2008

UK TOUR 3 (1/2)

Vendredi soir. Je sors du travail avec mon gros sac en bandoulière. Il est 17.00, j’ai donc juste 45 minutes pour aller prendre mon avion. Départ 18.15 pour LONDON GATWICK. La météo s’annonce pas trop mauvaise, mais je me méfie, c’est l’Angleterre…

Moi qui voulais juste visiter quelques amis de UTI pour le week-end, me voici embarqué à Mansfield pour jouer la finale du Tour avec Clapham ! Week-end un peu moins culturel en perspective mais que je me réjouis de vivre.
Arrivée à Londres. Un autre monde. La transition est assez étrange. Comme si j’avais sauté dans le train pour un petit voyage, je me retrouve à Clapham Junction, 20.30 locale. Ca me change de ma petite Suisse ! J’ai rendez-vous avec Adam devant la gare, le temps de voir un couple s’envoyer une gifle, d’observer l’activité du quartier et le voici qui arrive. Shorts et Tong, 20 degrés, un gros plat de pâtes, le week-end s’annonce bien.

Samedi matin, 5.15. Réveil. Match à 9.00 à Mainsfield, c’est fou comme ça ne me pose aucun problème de me lever à 5.00 alors qu’en semaine… c’est la croix et la bannière pour me lever à 7.00… Je remplis ma gourde, avale une barre de céréales. Nous avons rendez-vous avec Joe, Hargreaves et Euan. Dormir un peu dans la voiture, pas de petit-déjeuner. Le plan de jeu du samedi s’annonce. : 3 matchs de 90 minutes, le premier contre GB MASTER, le second contre FIRE OF LONDON et le dernier contre LEEDS. Nous voici à Mainsfield, il est 8.40, match dans 20 minutes, toujours pas de petit-déjeuner mais quelques barres énergétiques dans le ventre.
Je revois les amis de UTI, Ollie B, Brittney et les « boys » de Clapham et de l’équipe nationale, Si Hill, Si Weeks et encore bien d’autres têtes familières.

Warm up, and GAME TIME.

CLAPHAM – GB MASTERS : 15-12
Pas facile de se lancer sans petit-déjeuner. Les Masters débutent bien mieux que nous et mène par 0-4 avec notre ligne d’offence en difficulté à se mettre dedans. Trop d’erreurs. Time Out : Amusant comme l’Ultimate se vit différemment à l’étranger. Le team se fait copieusement incendier, mais le coup de sang semble fonctionner. Mi-temps 6-8. Toujours pas petit-déjeuner…
La ligne de défense joue bien, l’offense score enfin ses points et la deuxième mi-temps se fait un peu plus rapidement. 15-12 pour nous. Mais un match qui a duré pas loin de 90 minutes. Nous enchaînons dans 10 minutes contre FIRE. Il faut que je mange, car cela va être le match de notre journée. FIRE et CLAPHAM sont les grands rivaux de Londres et du championnat anglais. Les deux équipes ne s’aiment guère, cela va être physique.

CLAPHAM – FIRE OF LONDON : 15-13
Je me sens un peu sans énergie, mais j’ai pu grignoter à gauche à droite. Et pourtant, je suis en forme. L’adrénaline aidant, le match commence avec une belle succession de turn. Tout le monde est très tendu. Le match est haché, beaucoup de calls, les courses sont soutenues. FIRE conserve l’avantage du flip et gagne la première mi-temps 7-8. A la mi-temps, une phrase : « eat garbage », se faire mal, allez là ou l’autre équipe n’ira pas. Clapham rentre dans la deuxième mi-temps comme un missile et passe 2 breaks de suite, 10-8. Le mal est fait pour Fire. Souvent un peu faible mentalement face à Clapham invaincu aux nationals depuis plusieurs années. Fire ne rattrape pas son retard. Les 2 breaks ont suffit, 15-13 pour un match tendu qui a tourné avant tout sur le mental et notre entrée en deuxième mi-temps. Le niveau global est très équilibré, les détails comptent...

http://www.ultimatephotos.org (CU vs FIRE, Si Weeks huck)
MANGER ! Deux matchs de suite sans manger… Nous avons quelques heures avant le dernier, le moment pour retrouver un peu d’énergie. Il fait 25 degrés, pas de vent… suis-je bien en Angleterre ?

CLAPHAM – LEEDS LEEDS LEEDS : 15-7
Depuis le départ de quelques joueurs clés, Leeds a considérablement perdu de son niveau. Je me souviens qu’ils nous avaient battus avec Clapham en 2005 lorsque j’avais joué le Tour 2. Aujourd’hui c’est un autre scénario. Match sans histoire, à sens unique, ou les deux lignes O et D peuvent jouer sans pression et s’appliquer aux systèmes.

Invaincu de la journée : Nous jouerons la demi-finale contre FUSION le lendemain à 12.30… sweeeet. Le petit-déjeuner britannique de notre bed and breakfast m’attend demain matin !

mercredi 23 avril 2008

SIDE-LINE

Après un petit moment d’absence, il est temps de poster un nouvel article…
Parlons de la Side-Line ! Un autre aspect de l’équipe souvent mal voir pas du tout exploité.

Une équipe se compose en général d’une vingtaine de joueurs. 7 sont sur le terrain, les 13 autres sont sur la Side-Line, quasi les 2/3 tiers de l’équipe. Trop souvent, les joueurs sur la Side-line se positionnent vers les affaires du team, discutent, boivent sans prendre une part véritablement active dans le jeu. Ils encouragent de loin, récupèrent avant d’entrer à leur tour sur le terrain.
Ils passent malheureusement à côté de tous les avantages que peut apporter ce travail d’équipe sur un match ! Voici quelques points pour affirmer mes propos :

- Encourager
L’encouragement reste une part important de la Side-Line. Soutenir ceux qui sont sur le terrain, souligner les bonnes choses et pousser la D en cas d’erreur. Une participation active des joueurs extérieurs amène de la confiance et du soutien pour ceux sur le terrain. Cela amène également une meilleure cohésion d’équipe, une solidarité, chacun travaillant pour l’autre.

- Information
Peut-être le plus grand avantage d’une Side-Line active, informer ses coéquipiers sur le cours du jeu. Un point de vue extérieur ne peut être que bénéfique lorsque l’on est dans le « feu de l’action », tant du côté de la défense que de l’attaque. Il ne s’agit, en effet, pas uniquement d’encourager les joueurs sur le terrain, mais de leur donner des informations très concrètes tel que où se trouve le disc, où se trouvent les adversaires ou encore que fait le lanceur ?
Ces informations doivent être audibles et se répéter plusieurs fois de suite, de façon à ce que même avec la fatigue et l’effort elles puissent être prises en compte sur le terrain.
Dans le même ordre d’idée, il est important que les joueurs sur la Side-Line suivent activement le jeu. Qu’ils bougent avec leurs joueurs ou qu’ils se répartissent sur l’ensemble du terrain. Ainsi l’information sera mieux transmise. Il est également possible de s’attribuer un joueur et de travailler en duo l’un avec l’autre.

- Maintenir voir augmenter la pression
L’Ultimate se joue à 7 contre 7. Mais avec les 2/3 des joueurs à l’extérieur, une Side-Line peut devenir une arme extrêmement efficace. Celle-ci peut, de par le bruit créé, de par les informations données, renforcer la pression sur les adversaires. En demi-finale des championnats d’Europe, les anglais ont très bien su tirer avantage de cette situation. Sur chaque disc d’attaque, toute la Side-Line répétait un « MOOOOOOORE » que Clapham a initié il y a quelques années. Ce bruit sourd, savoir que l’adversaire travaille avec l’ensemble de son équipe a considérablement renforcé la pression sur l’Offense, a fait chauffer les esprits, et perdre de la lucidité. Sans vouloir me prononcer ici sur l’esprit de cette pratique, cet exemple montre comment l’ensemble de l’équipe peut peser sur une rencontre, que ce ne sont pas uniquement les 7 joueurs sur le terrain qui peuvent changer le cours du jeu.

- Créer les conditions pour le dépassement individuel
Cette ambiance, cette intensité est bonne pour créer chez chaque joueur l’envie et la capacité de se dépasser. C’est souvent dans ces conditions que l’un ou l’autre arrive à créer l’exploit, à tenter et réussir ce qui n’avait jamais été réussi auparavant. Pourquoi ? Parce qu’une personne se sent poussée par les 19 autres ! C’est souvent l’adrénaline qui permet ce genre de moment, cette poussée d’énergie ne se crée pas seule et il est souvent difficile de la faire naître par soi-même, une fois de plus, les coéquipiers hors de jeu prennent une importance loin d’être négligeable.

De bons exemples de Side-Lines sont à voir sur http://www.nba.com/ , dans la rubrique "Top Ten of the Day"! A observer, les joueurs remplaçants, qui ne peuvent se déplacer, mais qui ne sont pas en reste de réactions…

mercredi 5 mars 2008

Technique et course

La course constitue une part extrêmement importante des performances du joueur d’Ultimate. Outre les questions d’endurance, essentielles pour une régularité en match, en week-end ou en semaine de tournoi, les questions d’agilité et de techniques de course ont souvent été mises injustement de côté.

Aujourd’hui, les choses changent… Au plus haut niveau (européen ou nord-américain), on donne une importance croissante à sa façon de courir, à la rapidité des mouvements et à la précision des positionnements. Les techniques utilisées proviennent principalement de l’athlétisme, mais aussi du football américain qui présentent de grosses similitude dans la façon de cutter, dans l’angle qui est donné aux courses.

Les techniques développées ont pour but de travailler plusieurs éléments du cut. Tout d’abord, il s’agit de travailler le démarrage en rendant les premiers pas le plus explosif possible. On passe ensuite à la position générale du corps (durant l’accélération et une fois lancé), enfin à la rapidité des pieds dans les déplacements et positionnements.
Vitesse, Agilité, Rapidité : les trois objectifs visés.

Cet aspect de l’entraînement peut paraître de premier abord un peu rébarbatif. Répéter des mouvements plutôt « contre-nature » dans un espace petit et délimité… à priori, rien de très passionnant. Cependant, on y prend vite goût. Améliorer sa coordination, sentir sa vitesse progresser, se concentrer uniquement sur une série de mouvements, ce sont quelques exemples de « plaisirs » parmi d’autres… En match, on ressent vite les progrès. Les placements se font plus précis (surtout en défense, lorsqu’il s’agit de se positionner par rapport à l’adversaire), les démarrages plus explosifs et grâce au travail de coordination et de gainage, l’équilibre est également renforcé (permettant de passer dans des situations où cela bloquait auparavant) !

Travail d’échelle :

Le travail d’échelle permet tant de progresser du point de vue de la rapidité que de celui de l’agilité. Il s’agit ici, dans le cadre bien délimité d’une échelle en corde posée au sol, d’effectuer des séries de mouvements imposés. On peut travailler de différentes façons avec l’échelle. On peut tout d’abord l’utiliser purement pour améliorer sa position de course et les mouvements de ses jambes, genou, bras durant l’accélération et la course.
On peut travailler sa coordination, son gainage ainsi que son agilité grâce à des exercices parfois difficile à effectuer, où l’on peut travailler soit en faisant attention à ses mouvements, soit en essayant d’être le plus rapide possible.

Différentes manières d’approcher l’échelle existent également. On peut travailler face à l’échelle en couplant ses mouvements à une accélération une fois la série terminée (par exemple, travailler les 4 premiers pas d’accélération tout en gardant sa vitesse de croisière ensuite). On peut travailler de façon perpendiculaire, en se forçant à accélérer ses mouvements de pieds pour pouvoir suivre le rythme que notre tronc impose. On peut enfin aussi travailler la stabilité et la musculation des chevilles en utilisant l’échelle très spécifiquement (travail de saut et de stabilisation).

La vidéo suivante présente très bien quelques exercices envisageables : http://www.youtube.com/watch?v=LBO15Q2hiz8&feature=related
Cependant, une fois que l’on y a pris goût, rien n’empêche de varier les plaisirs avec les dizaines d’exercices disponibles, sans compter les variations que l’on peut s’imposer.

Il est difficile de résumer toutes ces techniques dans ces quelques phrases, on peut par contre se référer à l’ouvrage « Training for Speed, Agility and Quickness » édité par Brown et Ferrigno (2005) qui propose de nombreux exercices en fonction des trois aspects. On peut également jeter un œil à Youtube, sans faire trop attention aux mouvements présentés dont la qualité varie considérablement…

Personnellement, le travail d’échelle m’a appris à être plus compact. Dans ma course, en lançant ou durant un choc, ce travail m’a permis de mieux connaître mon corps. Il m’a également permis de revoir ma position de défense et d’améliorer ma vitesse de replacement… utile puisque c’est en amont du cut qu’il faut travailler. Je ne peux que le conseiller !
Pour finir, le genre de vidéo qui me motive (ça n’entraîne que moi !) réalisée par SPARQ http://www.youtube.com/watch?v=K7xcDt766Xw&feature=related marque de matériel

mardi 12 février 2008

MENTAL GAME

La psychologie du sport… tout un chapitre…
Courir, lancer c'est une chose… encore que la tête doit suivre. Et de ce côté-ci, les différences sont énormes. Entre les différentes visions du sport, les différentes façons de concevoir l'effort, la limite, la volonté; Un team se structure en une multitude de "force" mentale (bien qu'il faudrait encore pouvoir définir ce qu'est que cette force mentale…).

Pour avoir commencé à jouer plutôt jeune, je suis passé par différentes phases de préparation mentale au sport et ai mis de nombreuses années à trouver mes différents stades de préparation psychologique, notamment en ce qui concerne l'agressivité, l'intensité, la volonté de gagner ou encore le repoussement des mes limites.

Différentes méthodes sont proposées par les psychologues du sport ou encore par les entraîneurs de différentes disciplines. Comme d'habitude, les quelques pistes qui vont être décrites ne sont pas exhaustives, mais sont celles qui sont le plus proches de mes propres expériences.

Imagerie mentale
La méthode qui, pour ma part, fonctionne le mieux !
L'idée est ici de se mettre en scène dans l'action, de préparer ce que l'on va vivre en s'y conditionnant. A la veille d'un tournoi, d'une finale ou quelques heures avant, il s'agit de se représenter une scène, et de la vivre avant l'heure. Par exemple, imaginer un geste parfait, une défense parfaite, ou encore imaginer des jambes pleines d'énergie. Il est important ici d'aller dans les détails, de se concentrer sur ses propres ressentis, sur les conditions de jeu (chaleur, vent, froid), sur des ambiances (bruit, side-line, nervosité, émotions)…
Cette méthode marche parfois de façon troublante, en tous les cas pour ma part, puisqu'il arrive de vivre des situations quasi de la même façon qu'on l'avait imaginé. Travailler le soir d'avant sur un lay-out block en particulier et le réussir le lendemain quasi dans des conditions identiques laisse songeur… Je suis persuadé que c'est en se préparant de la sorte, en se conditionnant au geste "parfait" que l'on provoque les choses une fois sur le terrain. Cette méthode permet de se préparer au mieux pour ce qui se passera ensuite en match, d'arriver avec quelques repères déjà en place.
Ma procédure : 10-20 minutes de relaxation (allongé, respiration, détente) / 5-10 minutes de concentration et d'imagerie mentale / 5-10 minutes de réveil et de réactivation

Persuasion
La persuasion est peut-être la méthode la plus communément utilisée. Se parler à soi-même, se pousser en avant fait partie des procédures quotidiennes du sportif. Pour ma part, elle permet d'entretenir le travail accompli en amont avec l'imagerie mentale. La persuasion réactive ce "vécu imaginé", elle me permet de maintenir mon conditionnement et de me pousser en avant. Plusieurs types de persuasion sont possibles. Se parler intérieurement est certainement la plus facile, mais avec un peu de concentration en plus, on peut lier persuasion et imagerie mentale. Par exemple, on peut s'imaginer en géant, se voir survoler les débats, on peut également ne plus sentir la sensation de fatigue, ou encore s'imaginer comme le plus réactif et tonique possible. La persuasion est extrêmement utile, mais j'ai pu constater qu'elle l'était encore plus une fois mélangée à de l'imagerie mentale. En effet, la combinaison des deux méthodes m'amène en général plus d'énergie positive et de volonté que l'utilisation d'une méthode indépendamment de l'autre.

Yoga :
Le Yoga peut également convenir à certaines personnes. De mon expérience, la combinaison concentration-mouvement-respiration n'a pas été la plus utile. Peut-être à cause de ma souplesse déplorable… Cependant, cette technique a le mérite de provoquer un réveil musculaire en douceur et de permettre à l'équipe de se plonger au même rythme dans la préparation d'avant-match. Aux championnats d'Europe 2005, avec FAB, nous procédions tous les matins à une séance de Yoga d'environ 10 minutes. Cette séance me permettait de faire le point (Comment suis-je aujourd'hui ? à quoi faire attention ?), d'oublier l'espace d'un instant le tournois pour ce concentrer uniquement sur la série de mouvement. De plus, elle permettait aussi d'inverser certaines tendances, de concentrer mon énergie sur les points sensibles (fatigue et douleur locale, état général). Ces séances permettent également de sentir l'énergie du team, partageant l'espace d'une série de mouvement la même intensité, les mêmes ressentis et le même vécu. Dans les moments importants du tournoi, ces expériences sont uniques.

Ce petit article parle uniquement des mes visions des choses et de mes propres expériences. Pour ceux qui désire se renseigner de façon un peu plus "sérieuse" : http://www.avantagemental.com/index.php?lang=fr&rub=psycho_techniques#9 ou encore l'ouvrage de R. Thomas cité dans la bibliographie du site mentionné : "La préparation psychologique du sportif" (1994), qui décrit très bien les différentes procédures et méthodologies.

mardi 5 février 2008

RULES

"A goal is scored if an in-bounds player catches a legal pass and all of their first simultaneous points of contact after catching the disc are entirely within their attacking End Zone (note 13.1, 13.2)."
http://www.wfdf.org/index.php?page=rules/2007_wfdf_ultimate_rules.htm

Nous voici arrivé au point 15.1 des règles de notre sport. La première fois où il est expliqué comment un point est marqué. L'Ultimate frisbee est en général assez vite praticable. On peut y jouer, y prendre du plaisir avec quelques règles de base. Cependant, il faut des années de pratique (et encore…) pour maîtriser complètement les règles une fois sur le terrain.
Combien de fois assiste-t-on à des désaccords concernant tel ou tel point de règlement ? Combien de fois voit-on un disc revenir à la passe d'avant parce que les joueurs n'ont pas pu se mettre d'accord sur la règle à adopter…
Ne pas avoir d'arbitre est certainement une des plus grandes force de l'Ultimate, mais la complexité des règles en découlant, en devient peut-être aussi sa plus grande faiblesse…

Cet article n'a pas comme but de disserter sur l'intérêt de tel ou tel point de règlement. Par contre, ce qui me semble important, c'est de travailler régulièrement les règles, mais aussi de trouver la bonne façon d'y travailler.
Il existe malheureusement souvent des situations où l'on se rend vite compte que des joueurs expérimentés ne connaissent pas les règles, et ces moments de flou peuvent malheureusement avoir parfois des conséquences… Ce n'est pas pour rien, que, après s'être "fait avoir" quelques fois, nous avons décidé avec FAB ou l'équipe suisse de toujours avoir un exemplaire des règles sur la side-line. C'est certainement la meilleure solution pour pouvoir discuter précisément de tel ou tel point de règlement sans les "il me semble que…" ou des "je suis sur que…".

Depuis 2003, nous avons essayé avec l'équipe suisse, d'axer notre préparation sur le plan sportif mais également sur le plan de la connaissance des règles. Nous avons procédé de différentes manières (selon les campagnes, euro 2003, worlds 2004 ou euro 2007) à chaque fois. Il existe de nombreuses manières de présenter les règles. La façon ludique (organiser un jeu), la discussion ou la discussion structurée…

Ces séances nous ont permis d'avancer tout en construisant le groupe. Elles nous ont également permis de bien comprendre les nouveautés issues de chaque réactualisation.
Tout d'abord, nous avons mis en place des sessions de lecture et de discussions. Ces séances donnent l'avantage d'être sur que tout le monde a vu au moins une fois les règles… Elles permettent également de mieux cerner les principales interrogations et d'y remédier grâce aux échanges d'informations. Cependant, on reste ici relativement en surface du sujet, ce sont bien des mises au clair, mais maîtrise-t-on vraiment mieux le règlement après ?

Pour 2007, nous avons décidé de créer un "workshop" axé sur les règles uniquement. Le team a été divisé en plusieurs groupes, s'occupant chacun d'une partie du règlement, ou plutôt d'une thématique du règlement. Les groupes ont alors d'abord travaillé de leurs côtés avant de présenter le fruit de leurs réflexions et d'en discuter avec l'équipe en général. Cette méthode a tout d'abord apporté une vision beaucoup plus construite des règles, mais ensuite elle a surtout permis de mieux comprendre l'implication de ces points de règlement dans le jeu et la stratégie que nous avions décidé.

Il m'a semblé que cette méthode apportait beaucoup plus que la simple discussion ou que le jeu type "dessiné c'est gagné" à propos des règles. Les échanges ont été plus construits, et plus focalisés sur la mise en pratique : Pourquoi est-ce important de connaître ce point de règlement à cet instant du match ?
Connaître les règles, c'est indispensable au jeu, mais c'est aussi un avantage stratégique déterminant. Il s'agit d'être sur de ses droits et de ses actions ! Bien sur, le contexte est important. Il est plus facile d'organiser un tel "workshop" avec des joueurs expérimentés, connaissant la philosophie du haut niveau. Cependant, à chaque stade, un tel travail peut et doit être mené ! A mon sens, c'est un des éléments qui fait avancer une équipe !


mardi 29 janvier 2008

WARM UP

La préparation d'avant-match est une des phases des plus importantes pour l'équipe. Elle va conditionner les premières minutes du match et peser de tout son poids sur l'ensemble de la rencontre. Jambes lourdes, pas de combativité ou au contraire trop de nervosité, pas de gestion de team, il n'est pas facile de donner à l'équipe la voie à suivre.

Deux aspects principaux se dégagent de cette préparation :

1. Les aspects physiques

La préparation physique d'un match peut être débattue durant de longues heures. Les méthodes ont, en effet, fortement évoluées durant les dernières années. Lorsque j'ai commencé à joué, il suffisait de faire quelques passes, puis nous jouions. Aujourd'hui, bien que certaines équipes gardent ce mode de fonctionnement, la plupart des équipes tente d'avoir le meilleur échauffement possible.

Avec l'équipe nationale, le déroulement de l'échauffement est clairement programmé, je dirais même clairement minuté. Rendez-vous 1 heure avant le début du match, 45 minutes avant jogging et échauffement, 30 minutes avant séries de passes, 20 minutes avant pause, 15-10 minutes avant exercice d'échauffement et enfin 3-5 minutes avant, meeting d'avant-match.

Ce même rituel est répété avant chaque match. Il permet, d'une part d'être sur que tout le monde est à peu près au même stade physique au début du match et d'autre part permet à l'équipe, grâce à la routine, d'avoir des repères fixes lors de la préparation. Le team se conditionne pour le début du match tant physiquement que mentalement.

Dans ces aspects physiques rentre tout le débat concernant le stretching. 15 secondes par groupe musculaire, 30 secondes par groupe musculaire, stretching, pas stretching… les avis sont partagés et tendent à changer régulièrement. Actuellement, la mode est aux exercices pliométriques (http://fr.wikipedia.org/wiki/Plyom%C3%A9trie) mélangés à des exercices d'échauffement et de stretching dynamique plus classiques. La séance de véritable stretching (statique) se résume à quelques minutes "pour soi".
De mon expérience, la méthode "pliométrique" d'échauffement apporte une meilleure présence en début de match. Les muscles sont prêts à l'effort mais ne ressentent pas cet effet "nuage de coton" que l'on peut ressentir après un trop long stretching d'avant-match.

2. Les aspects mentaux.

Les aspects mentaux sont fortement liés à la partie physique. Il s'agit ici, en tant que joueur, mais aussi en équipe, de rentrer doucement dans le match, de monter en intensité, en agressivité à l'approche du coup d'envoi. Cette préparation se cristallise par l'intermédiaire de quelques joueurs du team qui feront "prendre la mayonnaise" et qui mettront l'ensemble du team en condition. Il s'agit de construire sa propre bulle d'avant-match, tout en construisant la bulle de l'équipe, les deux niveaux clés de l'équipe, joueur et groupe.
Dans ce cadre là, la méthode "pliométrique" permet également une bonne transition vers le match. Peu de pause entre les exercices, pas de phase inactive durant laquelle chacun fait son stretching de son côté. Le temps est rentabilisé au maximum laissant ensuite 5 minutes à chacun pour se préparer de son côté.

Il est intéressant de voir comment certains joueurs rentrent ou ne rentrent pas rapidement dans le match. La bulle d'avant-match n'est clairement pas toujours facile à constituer et elle nécessite le travail de chacun pour arriver à une bulle d'équipe. C'est une des parties qui, à mon sens, pourrait énormément se développer par le biais de différentes méthodes, imagerie mentale, yoga, respiration ou encore sophrologie. Un pas de plus pour professionnaliser la préparation d'avant-match et pour favoriser une bulle solide de concentration et d'agressivité positive.