J’émerge après une longue nuit de sommeille. Je crois avoir réussi à récupérer du peu de sommeille de la veille, par contre je sens que la dureté des terrains a laissé des traces. Douleurs de la voûte plantaire aux adducteurs, vivement l’échauffement pour retrouver des jambes normales. Match à 12.30, il fait beau, pas de vent.
On se lève avec Adam, mon « Room Mate » du week-end, difficilement mais sûrement. La motivation est grande, j’ai pas toujours l’occasion de manger des « beans on toast » et saucisses au petit-déjeuner.
10.30. L’estomac plein à craquer. Direction terrains.
Nous avons rendez-vous dans une heure, l’occasion pour moi de voir un peu plus que la vie de mon team et de découvrir un peu le reste de la scène anglaise. Première constatation, c’est impressionnant de voir le nombre d’équipes Open. Deuxième constatation, l’uniformité des équipes provenant souvent des universités. Uniformité de niveau, d’âge, de physique mais aussi de motivation et d’envie. En Suisse, la première ligue regroupe 8 équipes de niveau et constitution assez disparate. Ici les équipes doivent avoir une moyenne d’âge d’environ 25 ans, et regroupe environ une vingtaine de joueurs, uniquement des hommes. L’engagement physique et l’intensité qui est mise au jeu change passablement de la Suisse et fait plaisir à voir. Le niveau technique global est peut-être moins bon, mais les gens se poussent, se motivent et acceptent plus facilement le défi physique. En voyant ce potentiel, cette uniformité, je commence à un peu mieux comprendre le niveau de l’équipe nationale d’Angleterre.
Je me rappels avoir parlé avec un joueur anglais après la demi-finale des Championnats d’Europe. Je lui demandais comment ils avaient joué contre nous. Nous, les suisses, avions joué avec deux ligne, Offence et Defence, et 14 joueurs environ. Sa réponse ? Nous avons joué à 7 joueurs d’Offence et 19 joueurs en Defence. Là où nous devons restreindre le cadre pour pouvoir atteindre un niveau élevé et surtout homogène, l’équipe anglaise peut impliquer tout le monde sans peur. En effet, le niveau technique et physique est égalisé et l’expérience de match intense et physique est présente pour l'ensemble des joueurs... Pas facile de garder leur rythme… notamment pour notre ligne de défense qui avait perdu de son mordant en deuxième mi-temps avec seulement 7 joueurs...
WARM UP and GAME TIME
Demi finale : CLAPHAM – FUSION
Après un échauffement plutôt intense, histoire de remettre la machine en route, nous voici sur le point de jouer contre FUSION. Une des meilleures équipes anglaise, elle regroupe quelques joueurs de l’équipe nationale anglaise et pratique un jeu assez simple, reposant sur le stack, mais utilisant bien l’espace sur les longues. Nous entrons dans la partie de façon très agressive. Le mark est proche, parfois ponctué de fautes. Nous mettons leurs constructeurs sous pression et cela fonctionne plutôt bien. Nous réussissons plusieurs fast breaks devant notre zone de point. Notre Offense ne roule pas encore bien, mais nous réussissons malgré tout à prendre l’avantage à la mi-temps, 8-7.
Le vent se lève et annonce une deuxième mi-temps plus hachée…
Dès le début de la deuxième mi-temps, les turns se suivent. Nous passons un premier break et menons 11-9. Le match n’est pas vraiment beau de par la qualité de jeu, les turns se succèdent. Cependant, les Défenses sont belles, et l’ambiance très intense avec les deux équipes célébrant de façon plutôt « expressive » les points marqués. 14-12 pour Clapham, match à 15. Fusion marque 14-13. Nous n’avons plus qu’à rentrer notre Offense. Sous pression, un drop survient. La ligne d’offense récupère le disque mais ne parvient pas à concrétiser, 14-14. Sudden death, match à 15.
Scénario assez improbable mais assez représentatif de l’homogénéité du niveau, Fire est à 14-14, match à 15 contre Chevron dans la deuxième demi finale.
Nous recevons le disque sous la pression des side-lines, les deux équipes sont fatiguées et les cuts moins clairs. Hand block sur un backhand, Fusion récupère le disc, un swing une longue pour leur principal receveur qui marque entre deux défenseurs de Clapham. 14-15, Game is over.
Défaite en demi finale, Fusion se qualifie pour jouer la finale contre Fire. Finale que Fusion gagnera plus tard. Le match a été beau, suivi par de nombreuses personnes… mais voilà, on a perdu. L’ambiance n’est pas au plus haut et la motivation manquera pour s’imposer dans le dernier match. Clapham finit 4ème du Tour 3.
Étant invité, je dois avouer que la défaite ne m’a certainement pas fait aussi mal qu’aux joueurs du cadre londonien. J’ai apprécié une fois de plus de jouer avec les joueurs de UTI et de pouvoir prendre part à ce très bon niveau européen. Toujours beaucoup de plaisir de jouer avec Clapham.



